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  Filières locales pour une solidarité globale  
  Propositions d’actions pour les circuits courts  
 

Pour sortir du cercle infernal « mondialisation – profits - industrialisation techniciste - destruction de l’environnement et des pratiques ancestrales », une des voies développées par Edgar Morin est la promotion du local dans le global, le soutien aux économies locales et la valorisation des savoir faire qui y sont liées.

 
 

Le secteur économique du bâtiment est un acteur majeur de l’économie mondialisée, c’est pourquoi il peut aussi devenir un acteur majeur d’une relocalisation dont les effets contribueront à réduire les impacts sur l’environnement (énergie grise, impact carbone, épuisement des ressources, pollutions, etc.) ainsi qu’à réduire les inégalités sociales et économiques. Une filière conventionnelle de construction peut utiliser des réseaux internationaux faisant appel à une série d’intermédiaires, revendeurs, commerçants qui brouillent les parcours et les connaissances sur le produit final. Une filière locale de construction met en mouvement des propriétaires-producteurs, des collectivités, des entreprises transformatrices, des entreprises du bâtiment et des habitants. Le contraste entre ces deux filières apparaît à plusieurs niveaux : - la filière industrielle mondialisée recourt à un arsenal de normes qui, pour rassurer le consommateur final, imposent des labels et des pseudo-garanties sur des produits dont en réalité le consommateur ignore et la provenance et le mode de transformation et de transport, - la filière locale permet au consommateur d’avoir une connaissance directe des modes de fabrication et des comportements de l’entreprise productrice.

Pourtant les mêmes réglementations et les mêmes normes s’appliquent au produit local artisanal et au produit industriel, premier caillou sur la voie du développement local. Le nombre d’intermédiaires nécessaires à la distribution du produit industriel mondialisé n’apporte pas une garantie d’équité de revenus et de conditions de travail. En réduisant les intermédiaires, la production locale d’un matériau peut assurer une plus juste rétribution de tous les acteurs et au final garantir au consommateur la « juste valeur » de ce produit. Le cercle vertueux d’une filière locale (dans le bâtiment mais aussi pour d’autres secteurs économiques tels que l’alimentation ou la production des objets du quotidien) assure une circulation de l’argent du maître d’ouvrage vers les entreprises du bâtiment, puis vers les fabricants (via ou non des distributeurs), vers les producteurs de ressources (propriétaires forestiers pour le bois, agriculteurs pour la paille ou le lin, etc.) et au final vers la collectivité. La mise en place ou la dynamisation d’une filière locale implique quelques principes (simplicité, proximité, équité, transparence) et des actions (réseau coopératif d’acteurs, formation, information des utilisateurs, engagements des donneurs d’ordre).

Qu’est-ce qu’un circuit court ?

Le circuit court est un réseau économique dans lequel les intermédiaires sont limités afin d’apporter d’une part un revenu équitable aux producteurs et d’autre part une transparence sur la distribution pour le consommateur. Une filière locale est un réseau de circuit court appliqué sur un territoire restreint. Toutefois, les débouchés liés à certains produits peuvent imposer un développement national plutôt que local. Les idées de proximité, de transparence et d’équité sont représentatives du circuit court, local ou inter-territorial.

Les circuits courts contribuent en outre au maintien d’une économie locale et de savoir-faire par la valorisation économique et par l’apprentissage.

Simplicité / Le produit issu de circuits courts subit peu de transformation, ce qui facilite sa traçabilité et la connaissance mutuelle de tous les acteurs

Proximité / Dans une filière en circuit court, les acteurs sont solidaires et interdépendants, chacun forme le maillon d’une chaîne dont il occupe une position nécessaire au devenir de l’ensemble. Les acteurs sont donc liés les uns aux autres par une proximité géographiques et/ou par une proximité d’intérêts.

Equité / Chaque intervenant de la filière reçoit pour sa participation une rémunération juste vis-à-vis des autres et paie pour les matières et produits un prix équilibré, depuis le producteur jusqu’au consommateur.

Transparence / Pour le devenir de la filière, une information complète sur les matières et produits utilisés mais aussi sur leurs modes de transformation et l’identité de tous les intervenants, permet d’apporter à chacun, producteur, distributeur et utilisateur, une garantie sur la qualité environnementale mais surtout sociale des produits, matériaux ou énergies. La transparence apporte ainsi la confiance entre les différents acteurs, tant sur l’origine et la transformation des produits que sur l’usage qui en sera fait.

Quelles sont les catégories de circuits courts ?

Les problématiques des circuits courts sont dépendantes du type de matériau et des modes de transformations. Ainsi la production du chanvre et du lin concerne des agriculteurs et leurs coopératives, puis des transformateurs, des distributeurs et des utilisateurs. Pour la laine, le contexte économique attaché à une production mondiale nécessite une organisation particulière lors des différentes phases de transformation. Les filières bois dépendent pour beaucoup d’un marché international, l’organisation de réseaux locaux sera propre aux lieux de production et aux modes d’utilisation : un artisan fustier utilisera des bois directement issus de forêts proches quand l’ébéniste recherchera des essences qui répondent mieux à la qualité attendue. Une tuilerie artisanale transforme l’argile extraite à proximité pour un circuit local ou un marché spécifique tel que les monuments historiques. La production de chaux visera nécessairement une utilisation sur un large territoire, en raison notamment de la rareté des lieux de production. Les carrières de pierre trouvent un usage local dans le cadre de restauration des constructions traditionnelles mais l’utilisation de la pierre concerne aussi les grandes métropoles. Les productions d’énergies sont envisageables dans un contexte de circuit court, c’est le cas par exemple pour les chaufferies au bois déchiqueté ou aux déchets de végétaux en relation avec un réseau de chauffage urbain. Etc.

Comment organiser un circuit court ?

L’organisation d’un circuit court concerne tout autant la collectivité que les entreprises ou les usagers, elle répond à un intérêt collectif. Dans ce but, les groupements, associations ou structures coopératives, apportent un cadre d’intervention commun. Cependant les coopératives regroupent en général les acteurs d’un secteur mais rarement tous les intervenants d’une chaîne, ainsi des coopératives agricoles qui peuvent participer d’une filière mais n’en détiennent pas les aboutissants. Les SCIC (sociétés coopératives d’intérêt collectif) permettent de regrouper des acteurs du public et du privé et les usagers dans un objectif commun. Ce serait par exemple le cas pour l’organisation d’une filière bois avec comme débouchés l’énergie et le bois d’oeuvre, organisation qui regrouperait les collectivités qui sur un territoire boisé souhaitent valoriser cette ressource, les entreprises qui gèrent les forêts et assurent la transformation de la matière, et les utilisateurs, entreprises du bâtiment ou particuliers qui utilisent ces produits.

Une structure indépendante constituée de ces différents collèges, collectivités, entreprises et grand public, pourrait apporter une certification sous la forme de contrôles établis suivant des critères détaillés tel que cela se pratique avec les systèmes de garantie participative. Ce type de certification, qui n’existe pas aujourd’hui pour les matériaux de construction, permettrait de répondre aux critères recherchés pour garantir les circuits courts des éco-matériaux, critères construits sur la transparence, l’équité et la proximité ainsi que sur les qualités environnementales.

S’impliquer dans un programme de circuit court

Chaque contexte local est spécifique. Dans le parc du Lubéron, quelques essences d’arbres doivent être valorisées (principalement cèdre et cyprès). En Picardie, ce sont quelques 30 essences qui peuvent trouver des débouchés dans le bâtiment, l’ameublement, l’outillage, etc. Le thème circuit court vous intéresse en tant qu’utilisateur, producteur ou entreprise ? N’hésitez pas à prendre contact avec Globe21 ou l’organisme militant le plus proche de chez vous pour une implication dans la valorisation des ressources locales.

Lire aussi l’article Au Fil du Bois

Voir le site internet de l’association pour le développement du bois local en Picardie Hêtre Charmé

 
     
   
     
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