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  La simplicité, critère d’intensité sociale  
   
 

La simplicité est complémentaire de la complexité, c’est même la maîtrise de la complexité.

 
 

Après avoir tracé l’épure au sol, le charpentier pointe sur la pièce de bois équarrie à l’aide d’un fil à plomb et d’un compas pour déterminer la forme de l’entaille à mortaiser et en miroir celle du tenon sur la pièce sœur. Avec ciseaux, marteaux et vilebrequin, il taille puis perce pour introduire la cheville préalablement cirée.

Ce geste de l’artisan, calme et précis, est tout à la fois fait de complexité et de simplicité. Complexité parce qu’il résulte d’années d’apprentissage et de pratique, parce qu’il est issu d’un mélange de connaissances et d’expériences. Les connaissances sont transmises par des pairs sur les éléments du métier, du choix des matériaux à l’organisation du chantier. L’expérience est acquise dans la pratique, avec l’utilisation des outils face à des situations diverses et chaque fois différentes. Mais les deux sont nécessaires pour constituer le savoir faire : savoir et faire.

Le geste qui en est l’aboutissement reste simple : il fait appel à la précision du regard, à la maîtrise de la force, à la position des mains, mais à rien de plus que quelques outils et une matière brute. Simplicité des moyens, simplicité des matières.

La simplicité est donc complémentaire de la complexité, c’est même la maîtrise de la complexité. Les gestes du maître sont presque imperceptibles et pourtant le résultat apparaît, tranchant et sans appel. La complexité d’un métier est un ensemble des causes et phénomènes nécessaires et interdépendants. Ainsi un artisan doit être à la fois bon praticien mais aussi gestionnaire, commercial, employeur, etc.

La simplicité est en revanche opposée à la complication. Devant le fatras des causes diverses d’une situation donnée, l’apprenti est perdu. Prenons l’exemple du maçon au pied d’un vieux mur à restaurer. Il doit tout d’abord observer pour comprendre les causes des désordres puis choisir les matériaux les plus appropriés, adaptés au support, cohérents avec les matériaux en place, il doit ensuite confectionner le mortier et l’appliquer dans les conditions adéquates. Son confrère non habitué au bâti ancien, formé au montage d’agglomérés de ciment, soit désertera le chantier, soit se pliera au conseil de son vendeur de matériaux qui l’orientera vers les produits prêts à l’emploi. Le désordre prendra alors l’allure de complications au sens médical du mot.

Les artisans perdent le sens de leur métier en recourant aux produits, à la préfabrication, à la standardisation. L’industrialisation grignote le domaine de l’artisanat. Dès l’apprentissage scolaire et en entreprise, la direction est prise soit de l’autonomie soit de la dépendance. L’autonomie vient avec la maîtrise de situations diverses par des moyens et des matériaux simples, la dépendance grandit avec l’utilisation de produits industrialisés par des moyens mécanisés. L’autonomie est le corollaire de la simplicité.

Le matériau brut peut parfois être trompeur : le pavé calcaire similaire au pavé local mais produit en Inde, le bois d’ossature si courant dans les constructions mais coupé en Carélie, le parquet de chêne picard fabriqué en Chine. La simplicité apparente du matériau n’est donc pas suffisante si elle ne s’accompagne d’une transparence sur ses origines et son parcours.

Ainsi l’intensité sociale s’évaluera également selon la simplicité des moyens, des gestes et des matériaux :

-  matériaux proches de leur état naturel, ayant subi peu de transformation ou confectionnés sur le chantier (matériaux agricoles ou sylvicoles, matériaux issus de carrières tels que pierres ou sables, matériaux de remploi, etc.)

-  outils manuels ou petit outillage portatif de chantier préservant l’autonomie de l’artisan

-  modes constructifs et techniques permettant une mise en œuvre en atelier et sur le chantier par l’artisan lui-même

-  faculté ou possibilité d’adaptation de l’artisan à des situations diverses, des techniques diverses, des ressources diverses, c’est-à-dire capacité de répondre à la complexité

YC déc 2011

 
     
   
     
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