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  Calais, une France sans humanité ?  
   
 

Déshumanité des Humanités

Comment décrire l’intolérable ? Comment décrire le choc des valeurs morales et l’échec des idéaux ? Comment contenir la colère ? Comment dépasser l’injustice ? Comment remercier l’altruisme, le don de soi ou la simple rencontre ?

 
 

Peut-on rester indifférent à l’exploit du parcours de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants ? Peut-on être intolérant à leur désir de liberté, de vie tout simplement ? Peut-on être insensible à la détresse, au désespoir qui jettent sur les routes des êtres humains ?

Pourquoi l’Etat qui nous représente érige-t-il des murs pour contenir les jungles ? Pourquoi le devoir d’asile est à ce point baffoué ? Pourquoi des enfants, des femmes, des hommes sont-ils laissés à la boue, au froid, aux dangers ? Pourquoi l’État prospère sur le ressentiment, sur le repli, sur l’intolérance ? Pourquoi le monde ouvert des images s’oppose-t-il au monde fermé de la réalité ?

Que faire contre la boue, le vent, le froid ? Que faire contre les arbustes épineux ? Que faire contre les déchets, les plastiques, la nourriture périmée ? Que faire contre l’acharnement sécuritaire, contre la destruction de cabanes, contre les bulldozers et leurs no man’s land ?

Avoir fui l’horreur, la guerre et la soumission, avoir bravé autant de dangers, avoir traversé les déserts et les océans, avoir lutté contre l’adversité, s’être caché, avoir marché, marché, avoir payé, vidé ses poches, appelé ses proches pour être aidé, avoir déjoué les pièges, franchi les fossés et les murs, être balancé de foyer en foyer, s’enfuir et avoir gardé l’espoir… pour échouer à Calais !

La vraie frontière n’est pas l’océan, nos frères ont vu d’autres océans, ils ont traversé des mers, des fleuves, des montagnes, des déserts. Comme ils ont franchi d’autres frontières dressées par les hommes-machines. Beaucoup de nos frères n’ont pas franchi ces frontières, ont été emportés par les flots de l’océan, exploités par des hommes-machines, battus, violés, humiliés. Ceux qui arrivent à Calais portent l’espoir de milliers d’autres, un espoir de liberté, un espoir d’une vie digne, un espoir de partage. Pourtant à Calais, ils rencontrent la plus dure des frontières et une violente répression. Les hommes-machines français s’acharnent à élever des hautes murailles, à creuser des douves, à dresser les chiens renifleurs, à traquer le clandestin. Le pays où ils échouent cultivent l’inhospitalité. Plus dure que les épineux de la jungle, l’empêchement de faire avec des assauts à coups de bombes lacrymogènes suivis de pelleteuses qui écrasent et aplanissent s’ajoutent à l’obligation de suivre les règles, donner ses empreintes pour pénétrer dans les enceintes sécurisées où sur le sol de graviers sont érigés des containers-dortoirs. Les hommes-machines français ne proposent à nos frères que des containers pour dormir, à 15 par container sans fenêtre, comme s’il suffisait ensuite de soulever ces containers pour les poser sur les tankers du port et adieu ! L’imaginaire de l’homme-machine français a réduit nos frères à des marchandises.

Et malgré cela, contre la frontière infranchissable, les jungles sont parcourues par une vie pleine d’espoir. Dans ces microcosmes, la rencontre des cultures est un ferment pour l’avenir. Les hommes-cultures sont tout le Moyen-Orient et toute l’Afrique subsaharienne. Dans la ville de la jungle, ces cultures rencontrent le monde occidental dans ce qu’il peut porter de plus fraternel. L’ashram côtoie l’école laïque, la mosquée l’église éthiopienne. On peut y manger afghan ou soudanais, kurde ou koweïtien. Sur le Chemin des Dunes, 90 % de nos frères sont des hommes tandis que les 3/4 des bénévoles sont de jeunes femmes, il se crée des réseaux de sympathies, des rencontres des plus inattendues. Les soudanais ont structuré leur camp comme au village avec les cabanes en cercle autour d’une cour fermée. Bravo aux bénévoles, aux Anglais, qui oeuvrent dans l’Auberge des migrants située dans un hangar à quelques kilomètres, une fourmilière où sont triés les vêtements, stockés les objets, outils et matériel et préparé les repas distribués deux fois par jour dans les jungles. Bravo aux associations, aux solidarités locales.

Mais il est d’autres jungles plus brutales où femmes et enfants risquent leur vie contre la maladie, contre les voitures tueuses des autoroutes où le train hurlant qui longe le camp ou pire encore contre les casseurs de migrants, ces hommes sans foi qui ne cultivent que la haine. Là se dessine une grande honte, la fin des espoirs, la fin du destin d’asile de notre pays. Là l’idéologie du monde tel qu’il est a vaincu celle du monde meilleur. Là le travail est immense et la fraternité est une absolue nécessité en réponse à la déshumanité.

22 févr.- 16

Voir l’appel des associations pour maintenir la ville de la jungle

Utopia56, une initiative pour aider les migrants

L’auberge des migrants, depuis 2008, une aide durable pour les migrants

L’article de Laurent Gaudé dans le 1hebdo "ci-gît la France"

 
     
   
     
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