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  Itinéraires intérieurs, une exposition de Bruno Fert au Point Ephémère à Paris jusqu’au 15.01.17  
   
 

Par les photographies d’intérieurs des habitats éphémères des camps de migrants de France et de Grèce, Bruno Fert révèle l’intimité singulière des personnes exilées, leurs origines comme leurs espoirs, leurs goûts et leurs sociabilités. Dans les camps, l’environnement est rude mais à l’intérieur des cabanes et des tentes, on découvre des espaces propres et chaleureux. Chacun crée un univers qui parle de lui, de sa situation.

 
 

Impressions et notes de l’exposition et du débat inaugural au Point Ephémère à Paris

En présence de Bruno Fert, de membres de Médecins sans frontière et de militants

Par les photographies d’intérieurs des habitats éphémères des camps de migrants de France et de Grèce, Bruno Fert révèle l’intimité singulière des personnes exilées, leurs origines comme leurs espoirs, leurs goûts et leurs sociabilités. Dans les camps, l’environnement est rude mais à l’intérieur des cabanes et des tentes, on découvre des espaces propres et chaleureux. Chacun crée un univers qui parle de lui, de sa situation.

Les intérieurs sont photographiés sans leurs habitants dont le portrait accompagne un texte. Cette mise en scène suscite la projection et l’identification : ce pourrait être chez nous, ce pourrait être nous. C’est une manière d’accéder à l’intimité des migrants et livrer un portrait sensible. Calais c’était une tour de Babel, des dizaines de nationalités, des dizaines de langues. Les nombreux photographes avaient rendu les habitants méfiants mais Bruno lui photographie avec une chambre sur tripode, chaque prise de vue nécessite au moins 20 mn. Ce procédé l’a rapproché des habitants qui ont adhéré à son projet. Le 1er jour, il a perdu son sac et ses papiers, les soudanais l’ont accueilli en lui proposant de manger et de rester avec eux : « dans la Jungle on peut manger et dormir sans argent. »

« La France ne peut accueillir toute la misère du Monde ». Cette triste expression perdure mais elle décrit une réalité faussée. En Grèce, les migrants sont bloqués dans leurs parcours. On les empêche d’aller plus loin, on les parque dans des camps. On ? L’Europe qui délègue à la Grèce le soin de cet accueil. Dans ce camp, tout est apporté aux migrants, tentes, nourriture, soins. Bloqués dans leurs exils, ils n’ont d’autre solution que de vivre ainsi dans la misère. Cet assistanat s’oppose à l’autonomie, cette politique génère la misère et alimente les réseaux mafieux.

Les habitants du Chemin des dunes à Calais ont été dispersés en France. Eparpillés, quels seront leurs parcours ? Les qualités d’accueil dans les villes où ils ont été envoyés sont très diverses de la sympathie et la solidarité à la franche hostilité. Avant 2015, Médecins sans frontière avait peu réfléchi les camps de réfugiés en terme d’accueil. Mais depuis Grande Synthe se pose concrètement la question de l ’hospitalité et de l’accueil. Lorsqu’un peu d’espace est laissé aux gens, ils s’approprient ce qui devient leur lieu de vie. Alors que la partie Sud de la Jungle était démantelée, s’ouvrait à la demande du maire de Grande Synthe le camp de réfugiés de La Linière. Deux politiques opposées : rendre les réfugiés non visibles à Calais ou répondre à l’urgence humanitaire puis tenter l’intégration à Grande Synthe (la ville a missionné une équipe d’architectes pour travailler à l’insertion du camp de La Linière dans le tissu urbain).

La politique européenne est clairement inhospitalière. A Paris où échouent par milliers les migrants, l’accueil est inexistant. Le centre de tri et d’identification de La Chapelle offre 400 lits pour un hébergement d’une durée maximale de 10 jours. Chaque jour 200 personnes attendent devant les bulles qui abritent l’accueil, régulièrement chassées et gazées par la police. La ville voudrait les rendre non visibles. Des rafles policières ont lieu chaque nuit, les personnes dormant dans la rue ou en squat sont délogées, leurs couvertures sont confisquées. Le démantèlement des camps est très bien organisé. Il faut faire sortir les migrants de Paris, faire qu’ils ne soient pas visibles. Qui est derrière cela ?

Le nombre précis de migrants à la rue à Paris n’est pas connu mais un tiers d’entre eux seraient des mineurs. Spontanément ou en réseaux plus ou moins organisé, des particuliers les hébergent quelques temps. Il y a urgence humanitaire, il manque des places d’hébergement.

Les politiques d’inhospitalité font porter le poids de l’accueil aux citoyens. Il y a quelques exemples en Europe de mouvement citoyen d’hospitalité : en Italie, des habitants ont sauvé leur village en déshérence en accueillant plus de 100 personnes migrantes. En Hollande, une petite ville a décidé la construction d’habitats mixtes. En France ce sont des réseaux privés d’hébergement et de solidarité.

La situation française peut être comparée avec celles d’autres pays : 80 000 demandeurs d’asile en France chaque année (60 % d’entre eux seront déboutés) pour 1,2 millions en Europe dont plusieurs centaines de milliers en Italie et autant en Grèce (50 000 personnes dans les camps de Thessalonique). En Ouganda pays limitrophe du Soudan du Sud, 350 000 réfugiés de guerre ont été accueillis, ils ont liberté de circulation et de travail, les investissements étrangers d’aide humanitaire servent aussi à la population locale.

En France, des personnes sont condamnées pour avoir porté assistance. Est-ce que la politique française nous appelle à désobéir ? Désobéir en masse pour accueillir.

Dialogue entre intérieur et extérieur : face à l’hébergement ponctuel qui permet l’enregistrement de la demande d’asile, l’accès au soin et pour les demandeurs l’accès à certains droits sociaux le temps de leur demande, se trouve un extérieur de non-droit pour la personne qui ne peut être enregistrée comme demandeuse et plus encore pour celle qui a été déboutée de sa demande et se retrouve sans droit, sans papiers et sans toit. Y aurait-il d’autres modes d’intervention ? y aurait-il une dynamique qui implique les citoyens dans l’accueil ?

Il y a d’abord une manière différente de faire de la politique d’accueil. L’accompagnement des initiatives locales permettrait une meilleure intégration. Le camp n’est qu’une étape pour répondre à l’urgence, on a les moyens en France d’accueillir, on accueille bien chaque année 80 millions de touristes !

Crise ? Loin d’une crise de la migration puisque le nombre de migrants reste faible, de manière délibéré les politiques ont créé la crise des idées et des valeurs. L’acceptation par les citoyens est directement dépendante de la dynamique générée par les discours politiques, de la manière dont est pensée la migration. La violence faite aux migrants pourra avoir des conséquences dans l’avenir pour la société toute entière (getthoïsation, communautarisme, entre-soi, etc.).

Les photographies de l’exposition des Itinéraires Intérieurs réhumanise les migrants en permettant le contact avec l’autre. La culpabilisation perpétrée par les média provoque des peurs. La caricature ne permet pas la relation de personne à personne et la compréhension mutuelle.

Une bénévole témoigne : « mon arrivée à Calais a changé ma vie, c’était un lieu simple qui permettait aux gens de se rencontrer ». L’hospitalité, c’est se rendre attentif à l’inattendu.

 
     
   
     
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