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Pour une architecture qui renforce la relation de l’être humain avec son environnement L’atelier poursuit une démarche et une réflexion sur l’architecture écologique en abordant plusieurs aspects et plusieurs échelles : la relation au site, la conception bioclimatique, la relation de l’habitant avec l’enveloppe bâtie, la construction d’une coopération entre l’architecte et le maître d’ouvrage qui permette la réalisation d’une architecture durable, la santé, etc.

 
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  L’architecture expression vivante du corps humain / Architecture an expression of the human body  
   
 

Le corps humain occupe une place prépondérante comme matrice des formes architecturales. Pour nous cette image s’est imposée avec l’expérience du projet et la pratique au pied du mur.

 
 

L’espace habité, l’espace conçu par l’homme est construit selon des images vivantes mêlant réalité et rêve, sensations et émotions, objectivité et subjectivité. Parmi ces images, le corps humain occupe une place prépondérante comme matrice des formes architecturales. Pour nous cette image s’est imposée avec l’expérience du projet et la pratique au pied du mur. Tout d’abord, les attentes du maître d’ouvrage ne sont jamais purement fonctionnelles et ne peuvent se réduire à des « géométries utilitaires » (1). Ensuite, avec la pratique, la mise en œuvre technique qui est une confrontation à la réalité de la paroi, du sol, de la surface, l’architecture s’anime de vie, elle n’est plus seulement l’enveloppe inerte de nos activités, elle y participe. Enfin, ainsi que l’écrit Paul Valéry, il est des architectures qui chantent (2), elles nous communiquent des sentiments, un enseignement, une énergie. Œuvres du passé et œuvres d’aujourd’hui, elles transmettent des qualités proprement humaines, images de l’homme et du monde qui se révèlent patiemment à l’observateur attentif.


Dans le dialogue que Paul Valéry consacre à l’architecture, Eupalinos explique le processus de création en affirmant : « l’architecture est la projection de mon corps » (2). Il distingue trois grandes catégories : l’utile qui est en relation avec le corps humain, l’esthétique avec son esprit, la solidité avec la nature. Cette image de l’architecture eut peu de succès durant le siècle qui suivit même si le Modulor fut une tentative rationnaliste pour donner à l’espace construit des proportions humaines en rapport avec la proportion dorée. Le terme « anthropomorphisme » est le plus souvent utilisé de manière péjorative, comme si l’apparition de la forme humaine dans l’architecture traduisait une approche naïve et irrationnelle. Pourtant l’anthropomorphisme tel qu’il est pensé par Paul Valéry et plus tard par Bachelard avec les topo-analyses (1), vient en écho à la formule de Protagoras : « l’homme est la mesure de toutes choses ». En donnant forme humaine à ce qu’il crée, l’homme se situe dans une relation physique et symbolique avec la nature : physique parce que le corps qui se projette est le fruit et l’image microcosmique de la nature, symbolique parce que l’âme en se prolongeant sur les murs des maisons entre en symbiose avec elle. Par cet effet de prolongement, par la projection de l’image que l’homme se fait de lui-même et du monde, sont déterminés chaque acte et en particulier ceux de construire et d’habiter. Nous vous proposons une exploration de quelques caractéristiques du corps humain et de leurs reflets ou échos dans l’architecture avec le squelette, la peau, les organes internes, la perception sensorielle, la sexualité et le déroulement physique de la vie.


Le squelette, image de la structuration de l’espace

Le squelette, structure porteuse du corps humain, est articulé suivant les trois plans de l’espace. Par sa constitution, le squelette humain permet la position debout, la verticalité. Cette position a permis le développement de la boîte crânienne (mobile sur l’axe de la colonne vertébrale). Elle a également permis de libérer les membres supérieurs pour des activités manuelles. Johannes W.Rohen (3) montre la différence entre le développement du crâne et celui des membres : développement sphérique dans le premier cas, cylindrique dans le second. Il explique également tout ce que la verticalité a pu apporter à l’homme. A chaque plan de l’espace est associée une polarité. Dans la verticalité, l’homme cherche l’élévation, la résistance à la pesanteur, la relation du ciel et de la terre. Par la position verticale, l’homme a pris conscience des 6 directions de l’espace et de sa situation au centre de ces directions : le bas et le haut, l’avant et l’arrière, la droite et la gauche. Dans la verticalité, la frontalité apporte tout d’abord la perception en 3 dimensions, en particulier par la vue (la double focale) mais aussi le besoin d’une affirmation de soi et d’une progression (de l’arrière vers l’avant, du passé vers le futur). La marche est possible par le déséquilibre et la latéralité, l’alternance gauche/droite. La latéralité est tranchée par le plan sagittal. Derrière la symétrie apparente, la gauche et la droite ont des caractéristiques propres : le cerveau droit est le siège de l’imagination, de l’esprit de synthèse, le cerveau gauche celui de la logique et de l’analyse. Les membres et les organes inversent ces qualités : l’œil droit adopte les qualités du cerveau gauche, etc. Si le plan frontal est pour le corps, lourd, difficile à déplacer, comme un mur qu’il faudrait pousser pour avancer, le plan sagittal est tranchant, il permet la rapidité, la spontanéité. Le plan horizontal est lui dans la relation avec les autres, la sociabilité, la rondeur. L’horizontalité est placée dans le corps autour de l’axe vertical, comme une toupie. Les qualités de ces différents plans peuvent être ressenties dans la pratique corporelle : la danse et les arts martiaux par exemple. L’architecture humaine est structurée par ces directions et leurs qualités : dessus/dessous, avant/arrière, faces latérales. Dans l’élévation, elle est une résistance à la pesanteur, une inversion des forces d’attraction : le lourd devient léger. La latéralité et la frontalité sont mises en relation avec des éléments extérieurs qui donnent l’orientation : le soleil, le climat ou l’environnement construit, le contexte culturel. Mais l’image du squelette humain est particulièrement prégnante dans les éléments de structure, surtout si ces éléments sont en relation avec la croissance du végétal ou de l’animal. En référence à cette croissance des êtres vivants, l’architecture peut être perçue comme une élévation, comme un acte de transformation des forces de la pesanteur. Par la position debout et la libération du crâne, Le squelette humain porte déjà en soi cette transformation de la pesanteur.


La peau prolongée dans l’enveloppe bâtie

La peau, enveloppe externe du corps, remplit plusieurs fonctions vitales : elle assure une protection des couches superficielles de l’organisme et des organes, elle permet des sensations par les réseaux nerveux à sa surface, elle régule l’hygrométrie et la température du corps, elle participe pour une petite part à la respiration, elle absorbe des éléments nutritifs (vitamines, minéraux, etc.). Ces fonctions sont aussi celles qui sont demandées à l’enveloppe de l’architecture : la protection contre les intempéries et contre les agressions, la régulation thermique et hygrométrique par l’isolation et la nature des matériaux utilisés, la respiration (ventilation ou échange par les parois), la sensation (relation de la construction avec son environnement proche), la nutrition (lumière, matières). La satisfaction de ces fonctions implique le choix de techniques et matériaux adaptés mais également une forme, une orientation, une position sur le terrain appropriées. La maison se forme et se déforme selon ces différents besoins, elle est orientée en fonction du climat et de l’environnement, elle s’épaissit du côté des éléments climatiques défavorables, elle s’incline et se retire pour laisser de l’air et de la lumière aux constructions voisines. Ces fonctions de l’enveloppe qui sont le prolongement naturel des fonctions de la peau ne sont pas, bien souvent, pleinement satisfaites comme si la peau était couverte d’un tissu inapproprié : trop grande étanchéité à l’air et à la vapeur, insuffisance de lumière et d’air, etc. Sont en cause la nature et les qualités des matériaux utilisés soit parce qu’ils ne permettent pas en eux-mêmes d’échange de vapeur et d’air, soit parce qu’ils émettent des substances nocives, soit parce que leur mise en œuvre nécessite des palliatifs avec effets secondaires (protection contre des particules indésirables, ventilation pour pallier l’étanchéité excessive, etc.). Afin d’évaluer leurs qualités sanitaires, les matériaux peuvent être classés selon leur capacité à satisfaire les fonctions de la peau : durabilité, isolation, régulation de la température et de l’humidité, échange gazeux, émanations. Le non-respect des fonctions vitales de la peau qui sont aussi celles de l’enveloppe peut être cause de mal-être, de déséquilibre de l’organisme. C’est pourquoi la réalisation d’une enveloppe saine répond aux besoins vitaux du corps humain.


Les organes internes, image de l’organisation fonctionnelle de l’architecture

Les organes internes entrent dans plusieurs systèmes vitaux. Le système rythmique associe la circulation sanguine et la respiration. Le système métabolique permet de transformer les aliments en énergie et nutrition. Le système neuro-musculaire assure la coordination et le mouvement en relation avec le cerveau. Ces systèmes se prolongent dans l’habitat humain. Ils se prolongent par les habitants qui y vivent, qui organisent et désorganisent leur espace intime, qui y mangent, dorment, travaillent, qui jouent, chantent et discutent, qui méditent ou rêvent, etc. Une architecture qui n’est pas habitée se meurt. Une architecture est vivante parce qu’elle est habitée, mais aussi parce qu’elle suscite la vie. Une architecture fonctionnelle au sens restreint ne permet pas l’identification, l’expression individuelle de la vie sous toutes ses formes par une transformation permanente. Chaque espace de la maison a sa fonction et son imaginaire en relation avec une fonction organique. Ce thème a été étudié par différents auteurs : Schwaller de Lubicz analyse les rapports entre l’architecture du temple d’Abou Simbel et le corps humain avec ses organes internes (notamment les organes de la tête) (4) . Annick de Souzenelle met en relation certains organes et des formes telles que le labyrinthe, l’arche, la porte ou le tympan d’une église : « Nombre de nos œuvres aujourd’hui sont labyrinthiques –sur le plan architectural, le centre Pompidou, tous intestins à l’air, en est un chef-d’œuvre – et nos machines faites pour nous libérer, contradictoirement nous asservissent tous les jours davantage. » (5).


L’architecture comme organe sensoriel

Les principaux organes des sens sont regroupés dans la tête. La forme de la boîte crânienne a permis leur développement. Mais la perception elle-même, comme synthèse de toutes les sensations, est comme l’extension du corps. La perception se produit en effet aussi bien vers l’intérieur du corps que vers l’extérieur. La perception de l’espace au-dedans (par l’équilibre, la respiration, les rythmes) se prolonge avec la perception de l’espace au dehors (par la vue, l’ouïe, l’odorat ou le toucher). La vue, organe principal de perception de l’espace à trois dimensions crée une frontière entre l’espace perçu au dehors et l’intérieur du corps. La vue est limitée par les effets de masques. L’ouïe brise ces limites entre l’espace intérieur du corps et l’espace environnant, elle permet une perception lointaine au-delà des limites visuelles. La position opposée des oreilles permet aussi de situer dans l’espace une source sonore. Avec l’odorat, la perception devient plus intime et plus temporelle avec la persistance des odeurs. Les sensations tactiles mais aussi la sensation de chaleur et d’équilibre viennent compléter cette perception de l’espace. Au centre de cette perception se trouve le sentiment de soi : l’être sensible sujet de la sensation et centre de l’espace. « Je me situe dans cet espace intérieur et extérieur ». Dans le prolongement de soi à travers l’architecture, la perception peut être aiguisée ou au contraire mise en confusion : ainsi un espace consacré à la musique donnera aux sons certaines qualités. Réciproquement, les musiques sont conçues selon l’espace où elles seront jouées. La vue est prolongée par les baies qui peuvent créer une ouverture, cadrer sur une vue ou au contraire fermer et cacher. De même la perception tactile et visuelle des matières et des couleurs agit sur l’être humain : elles peuvent susciter des sensations de chaud ou froid, douceur ou agressivité, etc. L’architecture est sensorielle et comparable à un organe des sens dès lors qu’elle permet des perceptions impossibles sans elle, une meilleure écoute, une plus grande acuité visuelle. Ceci peut être ressenti dans certains édifices religieux et civils où la perception a une importance particulière, mais aussi, par exemple, au contact de certaines œuvres d’art . C’est le cas en observant et en pénétrant dans Les Demeures d’Etienne Martin. Les Demeures sont des sculptures architecturales dans lesquelles l’artiste exprime à la fois son ressenti de la maison natale, de ses mystères et une approche poétique de l’espace. Le corps est au centre de ces Demeures : « J’attache une grande importance à cette possibilité pour le spectateur et pour moi de pouvoir se mouvoir à l’intérieur d’une forme : il y a une sorte de communication plus forte entre le spectateur et nous. Cette architecture doit être en rapport avec une autre architecture, celle vivante du corps. Lorsque nous y entrons, nous devenons successivement les axes mêmes de ces formes. » (6). Elles communiquent avec le spectateur qui s’y meut, elles lui parlent avec plus ou moins de succès. « Certaines architectures sont muettes, d’autres parlent, d’autres, plus rares, chantent » (2). Ces architectures qui chantent sont à la fois organes sensoriels et organes de communication, expressives parce qu’elles permettent et développent en l’être humain la perception et parce qu’elles suscitent des images.


La sexualité, image de la complémentarité des opposés, détermine les qualités formelles

Le structure du squelette détermine dans l’architecture la structure de l’espace en trois dimensions et les polarités qui y sont associées. La peau se prolonge sur l’enveloppe de la construction. Les organes internes sont en rapport avec l’organisation fonctionnelle de la construction. Les organes des sens suscitent les ambiances intérieures et les relations avec l’extérieur. La sexualité, image de la vie, de la polarité et des éléments complémentaires, procure certaines qualités formelles à l’architecture. La relation entre le féminin et le masculin et le dialogue entre le père et la mère se retrouvent en plusieurs groupes de complémentarité formelle : élevé/étalé, angulaire/arrondi, froid/chaleur, ombre/lumière, imposant/accueillant, ouvert sur l’extérieur/tourné sur l’intérieur, cube/sphère, concave/convexe, etc. A partir de ces différents éléments structurants, se développent les formes de l’architecture. La rencontre des contraires, l’union amoureuse et la jouissance qui en résulte conduisent à une perfection de la forme. Annick de Souzenelle évoque à ce propos le passage d’une porte étroite vers la chambre nuptiale (7). Passages sont aussi la naissance et la mort en relation avec ces nombreux passages vécus dans l’architecture : entrées, portes, corridors, halls, portails, porches, sas, auvents, etc.


Pour une conception non mécaniste du corps humain et de l’architecture

La démarche humaniste proposée par Paul Valéry a été étouffée par une vision mécaniste de l’architecture. L’architecture conçue comme une machine avec ses rouages, ses engrenages, ses fluides, répond à la conception mécaniste du corps humain. Le corps est une grande machine, il lui faut une boîte pour travailler, une boîte pour dormir, une boîte pour manger, etc. Or, les besoins fondamentaux de l’être humain sont à la fois physiques et spirituels. « L’âme humaine a besoin de s’approprier un espace qui soit comme le prolongement d’elle-même et du corps » écrira Simone Weil (8). Comme l’outil est le prolongement de la main pour augmenter sa force, sa précision ou son habileté, l’architecture étend l’espace interne, espace à la fois physique, culturel et symbolique. L’intériorité telle qu’elle est conçue et vécue s’exprime sur les murs des constructions : si cette intériorité est vue de façon matérialiste ou seulement utilitaire, l’architecture est matérialiste et utilitaire ; si au contraire l’intériorité est vécue comme l’association mêlée du corps et de l’âme sans restriction des étendues de l’un et de l’autre, alors l’architecture s’anime de vie et communique. Lorsque l’espace construit apporte au corps et à l’âme contraintes, nuisances et rigidité et porte atteinte à l’intégrité de l’être humain, alors c’est la fonction première de l’architecture qui n’est plus assurée, celle de satisfaire aux besoins fondamentaux, physiques, psychiques et spirituels de protection, de projection, de perception et de relation aux autres.

Notes : 1- Gaston Bachelard, La poétique de l’espace, PUF / 2- Paul Valéry, Eupalinos, Poésie Gallimard / 3- Johannes W.Rohen, article paru dans la revue no 42/43 d’IFMA international / 4- Schwaller de Lubicz, le Temple dans l’Homme, Dervy, p.83 et suiv. / 5- Annick de Souzenelle, le symbolisme du corps humain, Albin Michel, p. 170 / 6- citation dans le catalogue de l’exposition Les Demeures, Centre Pompidou, 1984 / 7- Annick de Souzenelle, référence citée, p.134 / 8- Simone Weil, Projet de charte des devoirs envers l’être humain, Ecrits de Londes, Gallimard /

article publié dans la revue d’IFMA France

Sur ce sujet voir une réalisation de VIVARCHI

English version

Architecture an expression of the human body

Inhabited space, mastered by man, built from inspiration originating in a mixture of his dreams and reality, senses and emotions, objectivity and subjectivity. However, amongst these images, there is a pre-dominant driving force behind all forms in architecture, which is the human body. Following exposure to a broad experience in architecture and practical experience in the field, I have come to hold this view of architecture. Firstly, project managers are not simply functional nor can they be reduced to ‘the most practical geometry’ (1). However, despite this viewpoint of architecture as a reflection of the human body and spirit, working techniques are and must be a confrontation with reality, of walls, of floors, of surfaces. Architecture can however bring life to buildings. They are not simply inert envelops in which to house our activities ; there is an exchange, a communication. Thus as the writer Paul Valéry wrote, “Architectures sing” (2), they communicate our feelings, a teaching, an energy. With past and present works, architectures have shown our human qualities, that of being patient and observant, our images of man and of the world.

In the dialogue, which Paul Valéry consacrated to architecture, Eupalinos explained the process of creation, while affirming ‘Architecture is a projection of my body’ (2) He distinguishes three main areas in architecture : tools working in relation to the human body, aesthetics in tandem with the intellect of man, the dominating strength of nature. This point of view in architecture had little lasting success in the following century even though ; the Modulor system had a rational tendency to create space in relation to human proportions, in rapport with proportions based on the golden ratio, considered as a grouping of dimensions which are particularly harmonious. The term ‘anthropomorphism’ is most often used in a derogatory manner, as if to suggest that the appearance of human form in architecture denotes a naïve and irrational approach to construction. Nevertheless, anthropomorphism as thought of by Paul Valéry and later by Bachelard with topo-analysis (1) came originally from the hypothesis made by Protagoras : ‘man is the measure of all things’. In giving human form to that which he creates, man situates himself in physical and symbolic relation to nature : physical, because the form which is projected is the fruit of and the microcosmic image of nature, symbolic because the soul which becomes an extension of the walls of homes is also in symbiosis with the house. The extension of himself into all his acts, determines the characteristics of each act and in particular that of construction of home building. In this essay I would like to explore some characteristics of the human body and their reflections or echoes in architecture, using ; the skeleton, the skin, the internal organs, sensory perception, sexuality, and the daily physical functions of the body.

The Skeleton, the representation of structuring of space

The skeleton, which gives structure to the human body, is articulated based on the three plans of space, sagittal, horizontal and vertical. By design, the human skeleton forms an upright position. This position allowed the development of the skull (with movement made possible, using the joints to the vertebral column). This structure also allows for the use of upper limbs for manual activities. Johannes W. Rohen (3) shows the difference between the development of the skull and limbs : spherical in the first case and cylindrical in that of the second. Equally, he explains the advantages to humans of being upright. Each plan of space is combined with a polarity. Due to his upright position, man achieves elevation, has an improved centre of gravity, and has a relationship between the sky and the earth. Mans vertical position, affords him control over his orientation in 6 directions, as well as his position at the centre of these directions : high to low, in front and behind, to the left and to the right. Being front facing and vertical allows man to have a 3 dimensional perception, particularly regarding his sight but also, being able to be self- aware (from behind to in front, from past to future). Walking is made possible using balance and laterality, and alternating between left and right. Laterality is contrasted by the sagittal plan. Aside from the physical symmetry, the left and right lobes have characteristics unique to each : the right side of the brain controls imagination, synthesis of the mind, the left part of the brain controls logic and analysis. The limbs and organs inverse these qualities : the right eye adopts the qualities of the left-brain, etc. There is a contrast between the flexibility, sharpness and spontaneity of the lateral frontal direction of the body and that of the sagittal direction. There is enormous resistance to moving forward using a broad lateral movement as opposed to the low resistance when using the sharpness of sagittal direction. The sagittal plan affords increased rapidity and freedom of movement. It is more flexible and affords more spontaneous solutions in its management. Horizontal space is easier to build upon. It is a sociable space. Horizontal space is situated around the vertical axis of the body, as is the case in a spinning top. All of these spatial reasoning qualities (elevation, polarity, horizontality, etc.) can be grouped together to allow complex body movements for example in dance or martial arts. Human architecture is governed by it orientation and qualities : above/below, in front/behind, laterality. An upright position is resistant to gravity, an inversion of attracting forces : heaviness becomes light. Laterality and which direction denotes forward facing are determined by outside forces, which orientate : the sun, the climate or man-made environment, cultural context. However, the influence of the human skeleton is particularly evident in the elements of a structure, particularly if it is involved in the raising of animals or the growth of plants. Architecture like the human body is involved in the construction of an elevated structure that is resistant to gravity.


The skin, an especially adapted protective cover

The skin, the outer envelop of the body serves many vital functions : a superficial outer covering for the body and its organs, the sense of touch thanks to the nervous system within the skin, it regulates the temperature and hygrometer of the body, it plays a small part in the breathing process, it absorbs nutrients (vitamins and minerals etc.). These same functions are fulfilled by the outer surface of buildings in the area of architecture : protection against negative outside forces, the control of temperature and hygrometer using insulating methods or materials, breathing (ventilation or an exchange via the walls), senses (the relationship between the construction and its immediate environment), nutrition (light and materials). The realization of these functions is implicated in the choice of techniques used, materials used, but also the shape of the construction, its orientation, and position on the site. The house takes shape depending on different needs, and is oriented depending on the climate and the environment, it must be protected on the side exposed to negative climatic conditions and must allow for air and light to reach its neighbours. As it would be the case for an inappropriate skin material for the body, the incorrect envelope for a building can cause difficulties : over zealous water-tightness, could lead to condensation, other problems include insufficient light or air etc. Problems can be caused by the nature or quality of the material used : they in themselves impede the exchange of air and water vapour ; they could also emit noxious substances ; necessary palliatives could have secondary effects (protection against undesirable aspects, ventilation to control excessive water-tightness, etc.). In fact, materials can be graded according to their ability and effectiveness at fulfilling the functions of the skin : durability, insulation, regulation of temperature and humidity, gas exchange, emitions. Where the vital functions of the skin - just as for the ’skin’ of a construction, are not respected, there is a risk of destabilizing the body or structure. This is why the production of a sound envelope for the building, which is also safe for human health, is essential in meeting the vital needs of the human body.

The internal organs, an image of the functional organisation of architecture

The internal organs are involved in several vital systems of the body. The rhythmic system involved in breathing and the circulation of blood around the body. The metabolic system, that allows essential elements to be changed into energy and nutrition for the body. The nervous system, that allows the control of and the movement of, the body in relation to the brain. These systems extend into housing. They are part of the structure of human habitation via, the people who live in them, who organise and reorganise their space, where they eat, sleep, work, play, talk and sing, where they dream or reflect, etc. Architecture that has no room for life is dead. Architecture is alive because it is inhabited but also because it sustains life. Functional architecture taken in its restrictive sense doesn’t allow for permanent change and transformation. Each space has its function and imagination in relation to an organic function. Various authors have studied this theme - Schwaller de Lubicz analysed the relationship between the temple of Abou Simbel and the human bodies internal organs (notably the organs of the head) (4). Annick de Souzenelle puts particular organs and forms into relation to one another to form a type of labyrinth, the archway, the door or the plinth of a church : “a number of modern works take the form of a labyrinth- from an architectural point of view, the Pompidou centre, with its ‘intestines’ exposed, is an important example of this, - however our machines which are made to liberate us, instead manage to enslave us and make us dependant on them.”

Architecture as a sense organ

The principle sense organs, sight, hearing, smell, are found in the head. The shape of the skull allowed their development. However, perception itself is a synthesis of all the senses and is therefore an extension of the body. Perception works as well internally as it does externally. Perception of space internally (with balance, breathing,) is integrated with perception of outside space (by sight, hearing, smell, or touch). Sight, which is the principle organ for 3 dimensional sense, facilitates the perception of space, the frontier between external space and the inner body. Sight is however, limited by masking effects or objects which block a clear line of vision or distance which impedes clear vision. Sound bridges the space between the internal body and its environment ; it allows a wider perception than that given by sight alone. The ability to hear allows the body to identify the sources of sound in the environment. Intimate perception is achieved by smell, but is dependant on the persistence of smells. Along with these senses, there is the sense of touch and the sense of heat and balance, that come together to create a complete perception of space. At the centre of this perception is the sense of self ; to be self-aware and to be aware of the space one is in. “I situate myself in this internal and external space”. With the extention of self, in architecture ones perception can be sharpened and brought into focus or conversely can possibly be brought into confusion, thus for example, a space designed for music would bring certain qualities to the sound, and music is conceived for the space where it is played. Examples of space being manipulated for the senses would be a bay window that extends the possible view, or hides it or creates a feeling of space. In addition, the colours and texture of materials can have an effect on tactile sensation for users of a building. They can play on the feeling of hot or cold, warmth or hostility, etc. Architecture can be compared to human sensory abilities in that it allows sensations that would be impossible without it ; improved listening and a larger field of vision. Constructions can impact sensory perception in civil or religious contexts where perception has a particular importance, but also, for example, in relation to works of art. This is observed in the case of “Les Demeures d’Etienne Martin”. Les Demeures are architectural sculptures in which the artist expresses his feelings -with a poetic approach to space -about his birthplace and at the same time, its mysteries. The body is at the centre of these “Demeures” : “I attach great importance to the possibility of being able to move inside a structure, both for myself and the spectator : There is a stronger communication between the spectator and us. This architecture must be in a relationship with the other type of architecture, that of the living body. When we enter this form, we become part of its axes.“(6). It speaks and communicates with the spectator. “Some architecture is mute, other architecture speaks, others, all be it rarely, sing.” (2). Architectures that sing are at the same time organs of the senses and of communication, because they develop the sense of perception in human beings and because they manifest images.

Sexuality, image of opposites that complement

The skeletal structure in architecture determines the 3 dimensional special structure and its associated poles. The skin envelops the structure. The internal organs are in relation to the functional organisation of the construction. The sense organs create the internal ambiance and atmosphere and the relationship with the exterior. Sexuality, the image for life, of polarity and complementary elements brings certain aspects of shape to architecture. The relationship between the feminine and masculine and communication between mother and father are found in several complementary forms : elevation/flat, angular/rounded, cold/heat, shadow/light, imposing/welcoming, open to the outside/turned towards the interior, cube/sphere, concave/convex, etc. From different structural elements, the structural forms of architecture are produced. The meeting of opposites, the union of love and joy drive the perfection of the form. Annick de Souzenelle evokes the image of a narrow door leading to the marriage chamber (7). Birth and death are also passages, in relation to architecture, examples of passages would be : entrances, doors, corridors, halls, porches, screens, awnings, etc.

A non-mechanical concept of the human body and architecture

The humanist approach by Paul Valéry was stifled by a mechanical vision of architecture. Architecture evoking cogs, gears and wheels and liquids, congers up a mechanical image of the human body. The body is viewed as one large machine, which requires a box for working, a box for sleeping, a box for eating, etc. However, the fundamental needs of humans are both mechanical and spiritual. “The soul needs to assume the space in which it finds itself and to make it an extension of itself and the body,” writes Simone Weil (8). Just as a tool is an extension of the hand thus increasing its force, and precision, architecture manages internal space, which is at once physical, cultural and symbolic. Interiority where it is assumed is expressed in the walls of the building. If this interiority is viewed as simply utilitarian or materialistic then the architecture will be utilitarian and materialistic ; on the other hand if it is viewed as a mixture of the soul and the body without restricting the needs of one for the other, then architecture comes to life and communicates. Buildings cause constraints, nuisance and inflexibility and infringes upon the essentials of being human, if so the primary function of architecture isn’t assumed to satisfy the fundamental needs of humans, which are, the physical, psychological and spiritual aspects of protection, projection, perception and relations with others.

Notes : (1)

Notes : [1] 1- Gaston Bachelard, La poétique de l’espace, PUF 2- Paul Valéry, Eupalinos, Poésie Gallimard 3- Johannes W.Rohen, article which appears in review no 42/43 d’IFMA international 4- Schwaller de Lubicz, le Temple dans l’Homme, Dervy, p.83 and follow 5- Annick de Souzenelle, the symbolism of the human body, Albin Michel, p. 170 6- citation in the exposition catalogue Les Demeures, Centre Pompidou, 1984 7- Annick de Souzenelle, city reference, p.134 8- Simone Weil, Projet of charting work towards being human, Written Londes, Gallimard

Article published in IFMA review France

 
     
   
     
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